Histoires courtes
Présentation

Un désir.
Ce Paris tout court, je l’ai rêvé, puis imaginé longtemps, désiré follement avec d’autres et enfin partagé avec vous à Paris d’abord, et ailleurs toujours.
Ce sont des auteurs, des cinéastes, des acteurs, des compositeurs…
Ce sont des possibles, des ratages, des scansions, des déliés, des œuvres passionnément.
C’est ce qui nous touche intimement, viscéralement.
C’est ce qui nous meut physiquement, intellectuellement.
C’est ce qui nous relie indiciblement au monde et nous renvoi aussitôt ko à nous-même.
C’est ce qui nous attache de manière indéfectible au réel.
C’est ce cinéma, là.

Une histoire.
En Février 2002, en compagnie de Jacky Evrard, depuis la terrasse alcoolisée surplombant les allées agitées du marché du film de Clermont-Ferrand, dans un moment de grande ininquiétude, en arabesques fulgurantes, nous traçons les contours de notre future collaboration artistique.
En mars, le pacte des rêveurs est en marche: Claude Duty, Jean-Louis Gonnet, Claire-Lise Muse, Michèle Soulignac, Jacky et moi-même, à coup de stylos à bille et de grains de couscous royal, attaquons la nappe de papier recouvrant la table béate du restaurant qui accueille l’acte fondateur de notre association.
En avril, en terrasse, face au Cinéma l’Arlequin, mon premier rendez-vous, notre premier steak tartare, nos premiers éclats complices, avec celle qui présidera avec humour, générosité et élégance les premiers pas du futur festival et de notre association : Sophie Dulac.
En mai, au festival de Cannes, sur la terrasse méditerranéenne de la Quinzaine des réalisateurs, nous sommes tous là pour déjeuner encore, et surtout pour déguster les succulentes et improbables histoires de cinéma de possibles futurs invités.
Durant l’été 2002, nous annexons la moitié d’un couloir de feu Magouric distribution, sous la houlette de Thomas Ordonneau, pour mettre en oeuvre notre première manifestation.
En octobre 2002, neuf mois plus tard, dans une salle éclairée et impatiente nous mettons fin au rêve en inaugurant la première édition du Festival International du Film Court de Paris.

Un festival.
L’Acte Fondateur de Paris Tout Court.
Le cinéma, parce qu’il détient ce pouvoir « magique » d’enregistrer le temps, est l’art qui permet aux individus et aux sociétés de se représenter et de constituer leur mémoire. Les premiers films étaient des courts. Depuis ils participent toujours à la constitution de notre histoire tout en étant le support d’un cinéma toujours en devenir.
Le cinéma a ceci de particulier qu’il est capable de faire appel à tous les autres arts pour imaginer et construire ses objets filmiques.
Paris a toujours eu une histoire d’amour avec le cinéma. Des cinéastes de tous horizons vivent, créent, filment Paris. La légitimité de Paris en matière d’art et de culture est reconnue de tous. Et affirmer l’expression toute particulière qu’est le film court à Paris, c’est s’ouvrir davantage au monde et à sa diversité culturelle.
Paris a ce statut particulier de concentrer le plus grand nombre d’écrans disponibles pour une seule ville, ce qui en fait la capitale mondiale du cinéma. À Paris plus qu’ailleurs, toutes les cinématographies ont leur place.
Aujourd’hui, il reste pourtant à y affirmer l’expression toute particulière qu’est le film court, trop souvent réduit aux films à chute, ou à une esquisse de film à venir ou encore à une carte de visite. Parmi tous les courts métrages produits, il y a chaque année, de vrais films. Notre intention est de repérer les films qui recèlent un vrai désir de cinéma, de détecter les cinéastes qui demain passeront au long métrage ou ceux qui ne franchiront peut-être jamais ce cap mais qui signent des oeuvres singulières, avec une grande liberté de création.

Patrick Zocco, initiateur et passeur de Paris Tout Court